Le « V » de Vendetta: historique.

 » Les contestations mondiales qui ont pris forme ces dernières semaines contre le capitalisme et la cupidité des entreprises occupent le devant  de l’actualité à mesure que le mouvement « occupy Wall Street » prend de l’ampleur. Initiée devant le symbole de la puissance financière américaine, la contestation s’attaque désormais aux nombreux centres financiers internationaux ». 

Plus récemment, les activistes de Londres ont mis en place un campement devant les marches de la cathédrale Saint Paul, après que les perturbations aient éclaté à Paternoster Square, haut lieu de la bourse de Londres. Rome à également vu les émeutes se généraliser, faisant près d’une centaine de blessés pour des dommages évalués à 1,75 millions d’euros. Et alors que ces contestations deviennent au fil des semaines une cause internationale, beaucoup des contestataires ont choisi  de s’unir en portant l’emblématique masque imaginé par Alan Moore pour sa bande dessinée « V for Vendetta », également vu dans l’adaptation cinématographique du même nom.

Considéré comme le symbole de la rébellion, le masque de Fawkes, en référence au révolutionnaire anglais Guy Fawkes qui exécuta le plan de la « Conspiration des poudres » sous le roi Jacques 1er en 1605, est utilisé depuis quelques années dans les manifestations. Les membres du groupe de hackers appelé « Anonymous » l’ont par exemple utilisé pour préserver leurs identités et revendiquer l’anarchie qu’ils souhaitent instaurer sur Internet. Mais est-ce un simple signe de contestation ou un véritable besoin de rester anonyme ?

Les origines

La bande dessinée originale de Alan Moore « V for Vendetta » se déroule dans une société dystopique au Royaume-Uni, dominée par le parti fasciste « Norsefire ». On y découvre la société anglaise après une guerre nucléaire, que le révolutionnaire « V » tente de sauver en renversant le régime en place. Pour rester anonyme, il apparaît toujours avec le masque de Fawkes. L’œuvre de Moore a acquis une notoriété internationale quand elle fut adaptée au cinéma en 2006, l’un des personnages étant notamment interprété par Nathalie Portman.

Les membres de « Anonymous » ont été les premiers à porter ce masque en 2008, pour protester contre l’Église de Scientologie avec le « chanology project », pour lequel plusieurs attaques informatiques avaient été menées. L’Église de scientologie avait demandé à Youtube de retirer  une interview polémique de Tom Cruise. Révoltés, les membres de « Anonymous » avaient pris d’assaut les églises de la Scientologie pour dénoncer la censure sur Internet. Pendant que ces membres masqués se révoltaient, de nouvelles attaques avaient touché les sites Internet de la Scientologie à travers le globe.

Une utilisation généralisée

Beaucoup de ceux qui étaient impliqués dans l’occupation de Saint Paul à Londres se seraient également impliqués dans les manifestations en marge du G20 en mars 2009. Alors que ces contestations avaient été entachées par la mort du journaliste Ian Tomlinson, beaucoup de manifestants avaient utilisé le masque pour cacher leur identité derrière une démarche révolutionnaire forte.

Quatre mois plus tard, lors du sommet du G8 à Aquila, en Italie, des étudiants italiens portaient le masque alors qu’ils occupaient un immeuble qui devait servir de lieu de rallliement pour guider l’arrivée de nouveaux manifestants en ville. Le symbole du personnage de Alan Moore avait été également peint à la bombe derrière un manifestant qui s’était adressé à la presse.

L’utilisation du masque s’est ensuite répandue lors des différentes contestations mondiales contre les institutions financières et politiques ou lors des sommets internationaux. Si en Angleterre il n’existe aucune loi interdisant le port d’un masque en public, la police américaine a tenté de faire appliquer une loi de 1845 qui interdit « un rassemblement masqué de plus de deux personnes ». La police de New York a en effet utilisé cette loi anti-masque, mise à jour en 1965, pour arrêter 4 personnes du mouvement « occupy Wall Street » en septembre dernier. En France, la loi du 11 octobre 2010 entrée en vigueur le 11 avril 2011 interdit la dissimulation du visage dans l’espace public.

Le port du masque : un paradoxe

Mais dans ce symbole existe également un paradoxe. Car même si le masque est utilisé dans les mouvements contestataires pour dénoncer le capitalisme et l’attitude des institutions financières mondiales, ces manifestants masqués ont inconsciemment rempli les poches de l’une des plus riches compagnies de médias au monde : la Time Warner.

Ce conglomérat actif détient en effet les droits d’image de « V » et perçoit une redevance pour chaque vente du masque. Un coup dur pour les hackers de « anonymous » qui entretiennent une haine farouche envers le capitalisme et les entreprises américaines.

Mais cette anecdote de semble pas perturber ces « indignés » masqués qui  sont de plus en plus nombreux à porter ce visage blanc à la barbichette noire, sourire jusqu’aux oreilles, qui semble ravi de sa destinée : en Angleterre,  les ventes ont fait un bon de 179% sur Amazon. Pas de quoi perdre la face ».

Source: Yahoo actualités du jour.

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